Ville d'Essaouira

Où l'on reparle du périple d'Hannon

De Safi à Essaouira, la chaîne de l'Atlas vient finalement se baigner dans l'océan. Nous voyageons ici dans la campagne marocaine, pittoresque et paisible, qui s'anime aux abords d'un souk ou dans la traversée d'un village. A Ounara, vers la fin du parcours, on croise la route de Marrakech (par Chichaoua) et c'est enfin une arrivée spectaculaire sur Essaouira spectaculaire est le mot, car les arganiers et les oliviers font place à une véritable forêt de mimosas créée pour fixer les dunes et c'est dans ce décor que l'on découvre Essaouira, la vieille Mogador.


Ici, l'on reparle d'Hannon et de son fameux périple, puisque l'on assure que le Carthaginois y fonda une colonie. Juba Il, roi de Maurétanie, s'y intéressa aussi, et y installa une curieuse industrie: sur l'île en face il fonda une manufacture de pourpre extrait de grands mollusques   couleur préférée des patriciens romains. Les Portugais s'attachèrent à fortifier la ville, mais c'est le 18e siècle qui a été la grande époque d'Essaouira. Séduit par la sûreté du mouillage, le sultan Sidi Mohammed ben Abdallah fit construire le port et les fortifications qui devaient servir d'abri à sa flotte, par un français Cornut. Afin d'assurer la prospérité de la ville, il y attacha toutes sortes de franchises destinées à attirer les étrangers, qui s'y installèrent en effet en grand nombre.
Une brise fraîche, souvent forte d'ailleurs, balaie le plus souvent la jolie plage. Derrière, la ville apparaît, toute blanche, avec ses volets et ses portes bleus à la portugaise.
Franchie la porte d'enceinte, on se trouve dans un petit monde provincial et charmant, dans lequel on découvre les fabricants de ces petits meubles incrustés qui font la réputation de la ville sur le plan artisanal.

 

C'est sur la plate forme de la scala, l'ancienne batterie, que l'on a la meilleure vue sur le port et les fortifications, mais par dessus tout, on apprécie la sérénité qui se dégage d'Essaouira.
La ville d'Essaouira est devenue depuis quelques années un centre estival très recherché des windsurfers du monde entier. En effet, le vent y souffle fort de façon constante. Souhaitons que ce tourisme aide au développement de cette sympathique ville sans en abimer le pittoresque.

D'Essaouira à Agadir:

Entre Essaouira et Agadir nous recommandons les détours suivants: Après 14 km sur la P8, prendre la piste qui descend vers la mer au milieu d'une forêt de thuyas. Marabout de Sidi Kaouki, belle plage, possibilité de pêche le long des falaises. La piste longe le bord de la mer (vues pittoresques) et vire après 15 km vers le P 8.
Environ 32 km après Essaouira prendre la route secondaire qui bifurque vers la gauche: défilés ombreux, forêts denses de thuyas et d'arganiers. Après le souk monter vers le debel Amsittene: vaste panorama de la tour de guet. Par une piste accidentée on rejoint la P 8.
Au km 52 prendre la piste qui conduit au Cap Talfeney. Petit port de pêche, vaste plage, possibilités de pêche aux crustacés, grottes curieuses. On peut revenir sur P 8.
Au km 86 prendre piste en forêt d'arganiers puis entre les défilés des mamelons dominant la mer pour arriver au belvédère d'Imsouane (Rond Point d'lgui n'Tana). Plage, pêche intéressante.
A partir de Tamri, ralentir : succession de plages et de falaises des plus pittoresques (Cap Rhir, etc..), points de pêche jusqu'à Tarazout.
Après prendre à gauche la route 7002 (bonne mais sinueuse) sur env. 50 kms jusqu'au village berbère de Immouzer des Ida Outanane. Sur la place du village, vue remarquable sur l'Océan Atlantique est l'Atlas. Cascades et lacs à env. 10 minutes de marche.