Villes du Maroc
A propos
Bons plans
La Menara du Marrakech
Jardin Impérial à l'oriental
Le grand bassin almohade de cette propriété royale, crée pour approvisionner régulièrement en eau toute la ville, assure aujourd'hui l'irrigation du verger environnant. La Ménara, enclose par un muret de pisé, est plantée d'oliviers magnifiques.
Les arabes centenaires, fragiles silhouettes noueuses, dont émane la puissance d'une végétation vivace en perpétuelle renaissance, jouent, phonie de scintillement et de parfum. Les rigoles, reliées en un réseau régulier, transportent l'eau au pied des vieux arabes alignés. La Ménara résume en un type classique le jardin impérial marocain, ou le plaisir du prince se confond avec le soin de l'utilité et le luxe souverain avec un laisser aller rustique. Jardin ou il fait si bon improviser, au gré de sa fantaisie, une promenade bercée au pas sonnant d'une pause durant laquelle vous visiterez les monuments un verre de thé ou une pipe avec quelque compte retrouvé. Invitation à goûter à la douce saveur de ce pur instant paradisiaque.
Le Pavillon devant le lac
Deux parties composent le célèbre pavillon: le raide chaussée, précédé d'un avant corps en saillie dont les trois arcades ouvrent sur le lac et creusé, lui, dès l'époque almohade, au XIIème siècle; le premier étage est paré d'un grand balcon à balustres.
Les deux niveaux sont reliés entre eux par un escalier étroit aux marches taillées dans le grès de Mogador. Le décor intérieur est tout empreint de fraîche gaieté: filets de peinture vive sur les arêtes de la voûte et grands motifs demi circulaires rehaussés de couleurs. Dallage et hautes plinthes sont en stuc poli.
De la terrasse, la vue embrasse l'Atlas serein dans sa majesté, fondu au ciel divin de Marrakech.
Les eaux du bassin captent une partie de la perspective dans un jeu d'écran naturel, où l'eau, les neiges et le ciel en mouvance s'accordent en un puzzle sophistiqué.
On n'est pas loin d'imaginer, lorsque l'œil fasciné par tant de beauté simple s'attache à la pièce d'eau, un monde de l'autre côté du lac... où renaîtrait, dans un flash back romantique, les jeux des princes et des princesses, le rire frais des enfants et la course des animaux familiers.
Les jardins de Majorelle
« Dans la palmeraie aux quatre vingt mille palmiers, oasis miniature dans la grande oasis, se cache ce paradis à la mode d'Afrique où les Majorelle, venus à Marrakech pour y passer quinze jours, vendent depuis quinze ans leurs merveilleux coussins », écrit une contemporaine.
Fils de l'ébéniste célèbre qui produisit à Nancy quelques chefs d'œuvre de l'Art Nouveau, Jacques Majorelle, artiste peintre mit ses talents au service de l'urbanisme à Marrakech. Il participa à la nouvelle branche de l'orientalisme encouragé durant les années 20.
Il construisit son atelier et sa maison dans la ville, où il s'installa à proximité de l'enceinte. Autour des deux pôles de son univers, il créa un jardin paradisiaque. Il y rassembla toutes sortes d'essences exotiques venues de toutes parts.
C'est ce parc que l'on peut aujourd'hui visiter. Racheté il y a peu de temps par Pierre Berge et Yves Saint Laurent, il a été remis en état et ouvert au public. Ici, les verts intenses des arbres et des plantes rares se mêlent au bleu monochrome des murs et des fontaines; leur juxtaposition forme une vision insolite. Les sentiments du familier et de l'exotique se superposent sans qu'on en saisisse précisément la frontière. Tel un "rêve familier", la promenade dans les Jardins de Majorelle nous emmène ici et ailleurs, dans cette région profonde où l'espace et le temps se moquent des limites.